Le financement des médias citoyens

Quelques pistes évoquées au Rendez-vous des médias citoyens

31 août 2009

La semaine dernière, j'ai assisté au Rendez-vous des médias citoyens, où plusieurs panélistes ont discuté des moyens qu'ils employaient pour financer leurs projets de publication Web participative.

Les médias citoyens sont aux médias traditionnels ce que la démocratie est à l'oligarchie: ils permettent aux citoyens de s'exprimer sur les affaires publiques, alors que les médias traditionnels donnent souvent une place très limitée aux voix citoyennes. Bien que le profit ne soit souvent pas l'objectif premier pour de tels sites Web, la question de la rentabilité se pose cependant assez rapidement. Les médias traditionnels sont également confrontés à ce même problème, puisque les revenus de l'imprimé sont en baisse constante et qu'ils doivent maintenant évoluer en ligne pour mieux interagir avec leurs lecteurs. Ce n'est pas un problème simple à résoudre. Il n'y a pas de recette toute faite; en effet, lors des panels et des discussions du Rendez-vous, il est apparu que chaque site avait développé une approche particulière à ses besoins, à ses objectifs et à la composition de son lectorat. Cependant, malgré la diversité des approches, une constante est ressortie des discussions de la journée: la diversification des sources de revenu est primordiale, ne serait-ce que pour préserver l'indépendance éditoriale du site. Sans cette diversité, un site journalistique risquera d'avoir un jour ou l'autre à choisir entre un texte et des dollars essentiels à sa survie.

Plusieurs sites ont trouvé des moyens originaux d'inciter leurs lecteurs à contribuer financièrement. Plutôt que de proposer les traditionnels abonnements, le Tyee invite ses lecteurs à financer la réalisation de reportages sur les sujets qui les intéressent, ce qui amène parfois à couvrir des sujets négligés par les grands médias. Rabble.ca fait appel à un grand nombre de bénévoles emballés par sa manière de tirer parti de technologies émergentes pour raconter l'actualité de manière originale. Rue89 fait un gros travail d'animation et de mise en valeur des contributions des lecteurs qui favorise un certain sentiment d'appartenance, puis invite ses adeptes à acquérir des "briques" sur un mur virtuel où ils peuvent afficher un logo ou slogan de leur choix. Ces moyens de financement complètent des moyens plus traditionnels comme les dons majeurs, les subventions gouvernementales et la publicité.

Si Drupal n'était pas l'objet du panel, le nom est néanmoins sorti à quelques occasions. Je n'ai pas manqué de remarquer que tous les sites identifiés ci-dessus, de même que ceux de Parole citoyenne et de Studio XX, qui présentaient aussi leurs projets, sont basés sur Drupal. Bien que la technologie ne soit qu'un des nombreux ingrédients nécessaires au succès de ces projets, ceci démontre encore la pertinence de Drupal pour la création de sites Web participatifs, où les citoyens-lecteurs sont appelés à contribuer au contenu.

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