La sortie d'une nouvelle version d'un fureteur est généralement une bonne chose: des bugs sont réparés et de nouvelles fonctionnalités sont disponibles. Pour les développeurs Web, cependant, cela signifie qu'il y aura, pour un temps, une version de plus à supporter (on doit en effet s'assurer que les pages d'un site Web s'affichent correctement dans tous les fureteurs), le temps que l'ensemble des utilisateurs fasse la migration à la nouvelle version. Habituellement, les utilisateurs adoptent rapidement la nouvelle version du fureteur, et la charge de travail supplémentaire ne dure que quelques mois. Pour Internet Explorer, cependant, la dynamique est toute autre...
En effet, à cause d'un ensemble de facteurs, une partie importante des utilisateurs d'Internet Explorer tardent à mettre à jour leur logiciel: en juillet 2009, soit 34 mois après la sortie de Internet Explorer 7, près de 33% des pages vues avec Internet Explorer l'étaient encore avec Internet Explorer 6. En comparaison, les mises à jour de Firefox se font beaucoup plus rapidement: en juillet 2007, 10 mois après la sortie de Firefox 2, moins de 15% des pages vues par Firefox l'étaient avec Firefox 1.5.
Cette nonchalance de la part des utilisateurs d'Internet Explorer a des répercussions importantes pour les concepteurs de site Web: avec la récente sortie d'Internet Explorer 8, le nombre de version d'Internet Explorer à supporter a encore grandi. Cela a des répercussions parfois non négligeable sur le développement d'un site en terme de coût et de fonctionnalités. Il devient de plus en plus pertinent de se demander si on doit continuer à investir de précieuses ressources pour supporter la bête noire des développeurs Web, Internet Explorer 6.
Les statistiques citées précédemment sont des statistiques globales. Si on fait une analyse par pays, on constate qu'il y a de grand écarts dans la répartition des parts de marché selon les régions du monde. En Asie et en Afrique, Internet Explorer 6 est le fureteur dominant, avec plus de 35% des visites de juillet 2009, alors que dans le reste du monde, Internet Explorer 7 et Firefox 3 dominent généralement. Au Canada, en juillet 2008, plus de 18% des visites de pages Web étaient faites avec IE6. Cette part de marché s'est effritée lentement pour tomber sous la barre des 10% en juillet 2009. On observe le même phénomène aux États-Unis et en Europe (source: gs.statcounter.com).
Avant d'investir du temps et de tenter faire des compromis coûteux pour supporter les particularités d'Internet Explorer 6, il faut d'abord se demander à qui le site Web s'adresse. Si le site vise le marché canadien, nord-américain ou européen, il est maintenant raisonnable de fournir un effort ''minimal'' pour rendre le site présentable dans IE6, sans que l'aspect ne ne soit nécessairement identique à celle des autres fureteurs.
La plupart des sites s'adressent toutefois à des clientèles particulières. Bien que les statistiques régionales comme celles que nous venons de citer soient toujours utiles, plusieurs facteurs autres que le lieu d'origine peuvent influencer la distribution des fureteurs chez les visiteurs. Des outils d'analyse gratuits comme Google Analytics ou StatCounter peuvent fournir de précieuses informations sur les fureteurs utilisés par les visiteurs. Si on procède à la refonte d'un site Web existant, il pourrait être extrêmement profitable d'installer un de ces outils quelques mois avant la mise à jour. Les informations colligées permettront de mieux orienter les efforts dans la création de la nouvelle mouture du site Web. Peut-être même apprendrez-vous qu'il serait acceptable de complètement laisser tomber la compatibilité avec IE6...
Source: StatCounter Global Stats - Browser Version Market Share

Commentaires
Internet Explorer 6 a 10 ans. Voici un site intéressant pour visualiser son utilisation à travers le monde: http://ie6countdown.com/
Le but avoué de ce site est de voir IE6 descendre sous la barre de 1% d'utilisation. L'abandon définitif du support IE6 des projets Web permettrait aux développeurs et intégrateurs Web à travers le monde de se consacrer à des tâches bien plus productives!
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